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"Offrir un cadre de vie attractif aux Valenciennois" - 18 août 2003

Dominique Girard est urbaniste. Il a fait partie de l’équipe avec Jean-Jacques Lyon-Caen qui a réalisé pour Valenciennes Métropole une étude sur Anzin, Beuvrages et Valenciennes. Des secteurs dont les atouts n’ont pas été mis en valeur par une urbanisation anarchique et pour lesquels la communauté d’agglomération a de grands projets.

Val’Métropole. Vous avez mené une étude urbaine sur les communes d’Anzin, Beuvrages et Valenciennes. Quelles sont les spécificités de ces secteurs ?

Dominique Girard. "La taille de cet ensemble urbain situé sur la rive gauche de l’Escaut est l’équivalent de Valenciennes intra-muros. 80 % du parc de logements est composé de maisons individuelles. L’urbanisation de cette partie de l’agglomération est marquée par l’étendue des sites industriels au milieu desquels sont venues s’imbriquer des habitations. Le fait qu’il n’y avait pas, à l’époque, de réflexion urbaine a contribué à ce que cette urbanisation se soit faite sans nouvelles liaisons, avec des lotissements en impasse. Aujourd’hui, les entreprises ont fermé. Il reste des friches et un secteur urbain où il y a des difficultés de circulation, une absence de repères, un problème d’accès aux équipements, ce qui ne facilite pas la vie sociale. Le site a pourtant des qualités. Il y a des reliefs et une présence de l’eau que l’urbanisation anarchique n’a pas mis en valeur."

Comment voyez-vous l’évolution de ces zones urbaines dans les dix années à venir ?

"Structurer ce grand quartier de ville, c’est le projet d’une génération et pour le mener à bien il faudra compter 20 ans plutôt que 10. Ce projet est amorcé avec la prise de conscience de la nécessité de l’intercommunalité et la relance de grands projets : tramway, 4e pont sur l’Escaut, franchissement SNCF, etc. L’objectif est d’offrir aux habitants du valenciennois un cadre de vie attractif avec une offre résidentielle diversifiée, de favoriser l’accès à une vie sociale riche et variée mais aussi de constituer des réserves foncières pour développer des équipements et des services d’agglomération. L’idée de développer un réseau d’équipements appuyé sur une trame verte me semble un projet capable de struc-turer la rive gauche de l’Escaut."

Dernière question. Peut-on réduire les difficultés sociales d’un territoire en repensant ses ensembles urbains ?

"Je crois que tout ce qui peut aller contre une tendance au repli, contre une urbanisation qui exclut, peut contribuer au recul des inégalités et des difficultés sociales des habitants. Sur le secteur, l’effort me semble-t-il, doit porter sur la richesse et la qualité des équipements et des services, sur leur mise en réseau, sur la diversification de l’offre de logement, sur l’accès aux grands pôles de l’agglomération, etc. Je pense qu’une structure urbaine qui sait évoluer, se développer progressivement, peut contribuer à la dynamique sociale d’une agglomération."

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