Cette communion d’esprit avec le maître valenciennois s’est concrétisée, en 2002, par une exposition au musée des Beaux-Arts de Valenciennes intitulée Kirili dialogue avec Carpeaux. À l’issue de celle-ci, l’artiste a décidé de faire une donation de 25 sculptures et 7 dessins retraçant vingt années de création. "Cette donation s’inscrit dans une tradition initiée par Carpeaux qui avait souhaité, de son vivant, donner à sa ville natale des témoignages de ses créations, explique Patrick Ramade, le conservateur en chef du musée. Le geste de Kirili manifeste aussi son désir de demeurer au sein d’une collection marquée par des valeurs qui l’animent tout particulièrement : le rôle expressif du geste, la sensualité, l’amour de la vie."
Son choix d’effectuer une donation, le sculpteur l’évoque dans un écrit. "Le musée de Valenciennes a une grande poésie, il est très beau, il est dépositaire de collections avec lesquelles j’ai une affinité profonde, son histoire est le résultat de générosités nombreuses ; c’est donc suivant cette tradition que l’invitation à exposer au musée a suscité en moi un désir de donation. Je crois que c’est la vie, c’est un signe d’existence cette donation".
Jusqu’à la fin décembre, vous pourrez ainsi découvrir des modelés de Kirili aux teintes charnelles comme Clémence II ou Ouverture III, des cires voluptueuses, souvent polychromes, et un ensemble de sept terres cuites, présentées sur des socles en bois brut confectionnés par l’artiste.
Dans les deux vastes salles d’exposition où la lumière semble caresser les œuvres, se jouer de leurs angles parfois colorés, comme pour mieux les porter aux regards, laissez vous saisir par la force du geste du sculpteur, sa soif de sensualité, d’élévation. "Il y a chez Kirili un geste rapide qui fait que la matière se dresse, s’élève. Son style est nerveux avec des trous, des bosses ce qui donne l’impression que son sujet surgit de la matière", s’enthousiasme Patrick Ramade.
À voir également, les dessins de l’artiste dont World Trade Center. Thème incontournable pour Kirili qui vit une partie de l’année à New York et qui a vu dans les attentats du 11 septembre une haine du corps. "Je perçois l’attentat qui nous marque tous et qui annonce les grands enjeux du XXIe siècle comme un attentat de violence, de répression, de négation du corps".
• Exposition présentée jusqu’au 31 décembre 2003. Tous les jours, sauf le mardi de 10h à 18h, le jeudi jusqu’à 20h. Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, Boulevard Watteau. Tarif musée et exposition : 3, 50 et 1,75 euros (tarif réduit). Tél : 03 27 22 57 20. Catalogue de l’exposition 10 euros. Des fiches sont à disposition pour mieux apprécier la visite.
• Des ateliers autour de l’exposition sont proposés par les animateurs du musée, à destination du jeune public ( de 3 ans à 12 ans). Tarif : 4 euros par séance de deux heures. Carte d’abonnement non nominative pour 8 séances à 24,50 euros. Renseignements au 03 27 22 57 29.
• Le dimanche 23 novembre à 15 h. Prière de toucher, documentaire de Jean-Paul Fargier sur l’artiste Kirili.
Au programme de votre agenda culturel... Rendez-vous avec le festival Tandem au quatre coins du territoire valenciennois, au Phénix avec la dernière création de la Compagnie Zapoï ou encore à l’école des Beaux-Arts avec l’exposition photo de Claire Chevrier ! Pour en savoir plus sur ces événements... (...)