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"Bombardier a une visibilité pour les dix prochaines années" - 6 décembre 2006

Directeur général de Bombardier France, Rémi Causse, revient sur l’obtention du marché du futur train des Franciliens et l’avenir du site de Crespin.

Val’Métropole : Pourriez-vous nous présenter les grandes caractéristiques du site de Bombardier Crespin ?

Rémi Causse : C’est un site qui qui fonctionne de manière complètement autonome. Nous avons sur place un service commercial, des bureaux d’études, des ateliers de production. Nous avons deux grosses activités. La production de trains grandes lignes et régionaux, de rames de métro et de bogies qui sont les éléments les plus importants d’un train. Crespin et Siegen en Allemagne sont les deux sites de conception et de fabrication de bogies de Bombardier Transport, hors continent nord américain. C’est le site de Crespin qui a décroché, en 2001, ce qui était alors le contrat du siècle. La fourniture de 500 Autorails Grande Capacité (AGC) pour le réseau régional de la SNCF.

L’autre contrat du siècle que vous venez de décrocher est celui du futur train des Franciliens. Comment vous avez été amené à postuler sur ce marché ?

L’appel d’offres lancé par le Syndicat des transports d’Île de France et la SNCF a été lancé en 2004. Bien en amont, nous avions travaillé sur cette affaire en menant des enquêtes auprès des passagers, de la Région, de la SNCF, afin de mieux comprendre qu’elles étaient les attentes des différents intervenants. Le marché a été retardé. Nous avons dû, comme nos concurrents, produire une maquette grandeur nature du futur train et, fin 2006, on nous a demandé de présenter notre meilleur offre. Et vous avez décroché le marché ...

Nous étions 10 % moins cher que nos concurrents ! Et contrairement à ce qui a été dit ici et là, sans dumping social. Si nous sommes moins cher, c’est tout simplement parce que notre produit a été mieux pensé et qu’il est plus simple et moins cher à fabriquer. Il y a des mots qui nous ont fait mal comme celui “d’usine tournevis”. Face à cela, je tiens à rappeler que le futur train des Franciliens sera fabriqué à Crespin. Bien-sûr, il n’y aura pas que des fournisseurs français mais c’est comme ça à l’heure actuelle. En tout cas, c’est une belle victoire pour le Nord Pas-de-Calais et les quelque 400 sous-traitants qui travaillent avec nous en France.

Quelles sont les caractéristiques du futur train des Franciliens ?

C’est un train comme un boa qui compte 7 ou 8 voitures donnant toutes les unes sur les autres. Il est climatisé, comporte de larges sièges, des écrans vidéo pour diffuser des informations. L’ensemble du système a été conçu pour une meilleure fiabilité et disponibilité. Les portes, par exemple, dispose d’un système permettant de détecter les pannes avant qu’elles n’arrivent.

Ce contrat de près de 4 milliards d’euros aura t-il des répercussions en terme d’emplois ?

Avec la première tranche de 172 rames et l’option de 200 complémentaires, le site de Crespin a une visibilité sur 10 ans. Le fait d’avoir gagné, nous donne une assurance pour l’avenir. Bombardier est aujourd’hui le n°1 du transport régional en France et cela aura des répercussions en terme d’emploi. Bien-entendu, il n’y aura pas que des CDI mais il n’y en aura pas mal !

Sur ce marché, vous travaillerez en tandem avec Alstom ? Il y a un accord à finaliser avec Alstom pour sous-traiter un tiers de la commande. Pour nous, il n’y a aucun problème à travailler avec eux. D’ailleurs nous collaborons depuis plusieurs années avec leur site de Reischoffen en Alsace.

Autre dossier, celui du Pôle de compétitivité I-Trans. Sur quel projet travaillez-vous ?

Bombardier travaille sur un projet baptisé Procab, en tandem avec Stratiform et l’université de Valenciennes. L’idée est de se doter de moyens de simulations numériques pour mesurer les conséquences des collissions sur les agents de conduite, dans le but de renforcer la sécurité. Notre force est de disposer sur Crespin, d’une catapulte de crash qui est la seule en Europe a être habilité COFRAC. Le projet est en cours de financement. Que pensez-vous du projet de grande boucle d’essais ferroviaire ?

Il y a une boucle à Petite-Forêt qui est trop petite. Pour les grands essais, nous sommes obligés d’aller en Tchéquie. Créer une grande boucle permettrait d’attirer les investisseurs, de développer des emplois à valeur ajoutée pour l’innvovation et la recherche.

Dernier point, où en êtres-vous au niveau du projet de création d’un parc industriel ?

En juin dernier, nous avons signé un protocole d’accord avec la société Essor Promotion, pour la cession de la zone Nord du site de Crespin que nous n’utilisons plus depuis 1995. Une partie des bâtiments devrait être détruite et une autre servira à l’accueil d’entreprises travaillant ou non dans le ferroviaire. Une autre réserve foncière, qui devrait être à terme desservie par une voie d’accès reliant l’A2, mise en place par Valenciennes Métropole, sera aménagée par le même investisseur. Tout cela permettra à Crespin de bénéficier d’un vaste parc d’activités situé à proximité de Bombardier.

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